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La façade de Nagrala

La façade de Nagrala donne à entendre ces murs, ce soir là.
En passant, vous vous êtes arrêtés, la façade brillait,
il en sortait des sons bizarres...

Vivre s’imagine de dehors,
on devine en passant des vies qui émanent de l’intérieur.
Chaque façade raconte l’intime et
s’accroche à un paysage qui l’anime tout autant.

Intérieur - extérieur.

Il nous faut rencontrer les habitant-es de ces maisons
pour s’installer à leurs fenêtres et jouer des “lierres sonores”,
des contes à rêver l’intime tout en écoutant les sons alentour.

Le, la passant-e modifie par son attention et sa silhouette
le théâtre que suggère notre diffusion.
Nous esquivons notre présence par de brèves interventions visuelles,
surréalité que nous griffonnons très légèrement.

Les sons qui passent par la fenêtre sont ceux du lieu que nous amplifions
et ceux d’autres quotidiens qui ont fait le voyages dans nos malles.
La musique qui nait est improvisée,
elle a la taille de la maison mais une maison comme maquillée.

Les enfants vont et viennent à la fenêtre.
A la fin nous prenons nos valises et nous repartons,
sans faire de bruit ...

 

 

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PRESSE

Le Monde, 21 mai 2001

La façade fraîche du bar acoustique.

Ce soir, chez Saïd, on refait la façade. Fête de la musique oblige (aimable obligation), son Café Voltaire, à dix pas des Puces de Montreuil, devrait faire comptoir comble pour accueillir le groupe d'acousticiens Nagrala. Soit Laurent Grappe, Isabelle Bassil, et les Kristoff K.Roll, aussi connus sous les noms de Jean-Christophe Camps et Carole Rieussec. Il sera question de sons, ceux déjà "en boîte", pour installer le décor. Et puis les autres, ceux du quotidien, qui viendront se superposer pour créer un magma d'imaginaire. Arrosoir, cuvette, gobelets, "grinceur", tout corps sonore amplifié sera bon à jouer.

"Une façade, c'est quelque chose de théâtral, lance Kristoff,un peu une fenêtre sur cour." Et ce soir, la cour, ce sera la rue, le carrefour proche, les platanes qui s'étirent au-delà du bar.

Ramasseurs de sons, montreurs de bruits, joueurs de lieux, le quatuor de trublions, coutumier de ces tours de passe-passe, va brouiller les cartes du sonore et du visuel.

"L'architecture peut avoir une autre vie", preuve en sera donnée. Ce soir, le banal est banni : on ravive la rumeur de la ville. Le jeu favori des électro-acousticiens de Nagrala ? Faire émerger des "bulles visuelles" de leur enrobage des lieux publics. Des sortes de correspondances instantanées entre choses et gens : le passant même, témoin éclair, devient aussi l'auditeur curieux et surpris. Peut-être le bar deviendra-t-il " " ou "tour à La Courneuve"… Les improvisateurs de cette première nuit d'été laisseront naître tous les mondes possibles.

Saïd, lui, l'hôte régulier des 21 juin, a laissé paisiblement les musiciens étendre leurs filets sonores dans le bar et ses coulisses pour le grand soir. On vit bien en ces lieux une exposition de cartes postales anciennes, des soirées poésie, et l'on y joue bien aux dames ou aux échecs dans la chaleur du trottoir… Jeudi 21 juin au soir, les sons, d'où qu'ils viennent, viendront rafraîchir sa façade.

Martine Rousseau

Café Voltaire, à 22 heures, Montreuil-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), à l'angle des rues Voltaire et Emile-Zola.
Métro : Robespierre